« Splendeur et misère » du multilinguisme institutionnel de l’Union européenne

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DOI :

https://doi.org/10.15168/cll.v3i1.2933

Mots-clés :

multilinguisme de l’UE, législation linguistique, pratique linguistique institutionnelle, monolinguisme anglophone

Résumé

Fière de son régime multilingue unique, qui garantit l’accès à la législation européenne dans 24 versions linguistiques égales, l’Union européenne apparaît au monde extérieur comme un idéal du multilinguisme. La consécration claire du régime linguistique multilingue égalitaire dans les actes du droit primaire et secondaire de l’UE représente sa « splendeur ». Toutefois, considéré de l’intérieur, cette image idyllique s’estompe. En effet, le multilinguisme préconisé par les textes est en train de disparaître dans les faits, l’anglais étant devenu la langue de travail avec une prédominance écrasante au sein des institutions de l’UE, comme le montre le Rapport Lequesne préparé par la présidence française au Conseil de l’UE en 2022. La « misère » de la pratique monolingue n’est pourtant pas majoritairement ressentie comme problématique, mais comme une approche pragmatique dictée par diverses contraintes du régime linguistique théorique se manifestant notamment au niveau technique et budgétaire. Or, ladite situation est non seulement contraire aux règles, mais elle va également à l’encontre de l’intégration européenne en tant que telle.

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Publiée

2024-06-26

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